Vous pensez vous installer à Nîmes, la ville romaine dans le Gard ? Avec ses 150 000 habitants, la commune mêle un centre historique attractif et des quartiers périphériques confrontés à de fortes difficultés sociales et sécuritaires.
À Nîmes, plusieurs quartiers sont prioritaires, dont les plus sensibles : Pissevin-Valdegour, Mas de Mingue et Chemin Bas d’Avignon‑Clos d’Orville. Ces zones connaissent trafics de drogue, violences armées et pauvreté importante. Pissevin-Valdegour affiche un taux de pauvreté de 72 %, le plus élevé de France pour un quartier prioritaire.
Après une baisse en 2024, la délinquance a augmenté de 3,7 % en 2025, surtout à cause du trafic de drogue. Un vaste programme de rénovation urbaine de 472 millions d’euros transforme progressivement ces quartiers. Dans cet article, je vous présente les zones à éviter à Nîmes avec des informations concrètes.
| Quartier | Niveau de vigilance |
|---|---|
| Pissevin-Valdegour | ⚠️⚠️⚠️ |
| Mas de Mingue | ⚠️⚠️⚠️ |
| Chemin Bas d’Avignon | ⚠️⚠️⚠️ |
Pissevin-Valdegour
Pissevin-Valdegour détient le triste record du taux de pauvreté le plus élevé de France pour un quartier prioritaire : 72%. Le taux de chômage atteint 46%, et le revenu médian plafonne à 920€ par mois contre 1 480€ pour Nîmes. Ces chiffres vertigineux illustrent une précarité absolue.
Le quartier Pissevin-Valdegour, construit dans les années 70 pour accueillir les rapatriés d’Algérie, souffre d’un enclavement géographique et social. Avec 67 % de logements sociaux et 11 % de vacance, il cumule les signes de détresse urbaine. La criminalité y reste élevée, avec un trafic de drogue très présent, ainsi que des vols et des violences fréquentes.
L’été 2025 a été particulièrement meurtrier :
- Le 27 juin, 6 personnes ont été blessées lors d’une fusillade à Valdegour voisin.
- Le 10 juillet, une exécution a eu lieu.
- En 2023, un enfant de 10 ans est mort dans un échange de tirs, un drame qui a profondément marqué les esprits. La mort de cet enfant innocent symbolise la violence aveugle qui frappe ce quartier.
Kheira Ghezali, de l’association Agir ensemble, témoigne avec colère :
« Ça fait 23 ans que je vis ici, le quartier est dégradé par l’abandon des élus, il n’y a pas de sécurité. »
Un résident anonyme résume brutalement :
« Ici c’est la guerre, la violence est quotidienne, on fuit les kalachnikovs. »
Saïd, 30 ans dans le quartier, ajoute :
« Les gens ne peuvent plus passer, ils sont menacés pour sortir les poubelles. »
Les tours et points de deal autour des équipements publics sont à éviter, surtout la nuit et les week-ends. Le NPNRU prévoit des démolitions et réhabilitations massives dans le cadre des 472 millions d’euros investis. La présence de CRS a été renforcée et le couvre-feu pour mineurs a pris fin en septembre 2025 après une période plus calme. Le chemin vers la normalisation reste cependant long.
Mas de Mingue
Le Mas de Mingue, à l’est de Nîmes, ressemble à Pissevin-Valdegour. Le chômage atteint 30 % et la pauvreté 50 %, bien au-dessus de la moyenne des quartiers prioritaires d’Occitanie. Le trafic de drogue domine, avec des dégradations fréquentes et une hausse de la délinquance liée aux rivalités entre gangs, comme la DZ Mafia face à d’autres réseaux.
Les logements sont dégradés, particulièrement la copropriété Les Grillons. Le manque de mixité sociale aggrave l’enclavement et le sentiment d’abandon. Les abords de la barre Claverie et des Grillons sont à éviter en soirée et la nuit.
L’été 2025 a été marqué par la violence au Mas de Mingue. Le 10 juillet, une exécution a eu lieu près de la mosquée, avec des tirs fréquents tout au long de l’été. En août, une opération des CRS a conduit à 10 arrestations.
Les habitants saluent la présence policière mais doutent de son efficacité à long terme. Un résident témoigne avec fatalisme :
« C’est pas les CRS qui empêcheront, ils prendront des balles. »
Les avis en ligne sont unanimes :
« Drogue, violence, saleté, à éviter absolument. »
Le NPNRU prévoit la démolition de 250 logements de la barre HDG, la réhabilitation de 82 logements aux Grillons, la construction d’une nouvelle crèche et la transformation du vallon en parc agricole et sportif avec un axe structurant. Ces changements devraient, à terme, transformer le quartier.
Chemin Bas d’Avignon – Clos d’Orville
Chemin Bas d’Avignon et Clos d’Orville complètent le trio des quartiers les plus sensibles de Nîmes. Le taux de pauvreté atteint 60%, le chômage est élevé, et le trafic de drogue génère tensions sociales et délinquance (vols, vols avec violence).
Classé Zone de Sécurité Prioritaire depuis 2013, le quartier Clos d’Orville souffre d’infrastructures vieillissantes et d’un enclavement qui favorise les trafics. Les rivalités entre gangs, comme le Yoda network, entraînent des règlements de comptes liés au narcotrafic.
Les zones périphériques sont à éviter la nuit. Des incidents récents ont conduit à la prolongation du couvre-feu pour mineurs en 2025.
Les rapports locaux évoquent une « délinquance persistante, des tensions sociales et des infrastructures vieillissantes ». Les agents immobiliers confirment :
« Zone prioritaire, vigilance accrue, mais des initiatives positives émergent. »
Le NPNRU finance une rénovation urbaine d’envergure avec renforcement de la sécurité (caméras, police) et initiatives communautaires pour retisser le lien social.
Nîmes : une ville encore sous tension
À l’échelle de la commune, Nîmes fait face à une criminalité importante avec 991 cas liés au trafic de stupéfiants en 2024, 29 vols pour 1000 habitants et 16 violences pour 1000 habitants. Après une baisse en 2024, la délinquance a augmenté de 3,7% en 2025, principalement liée au narcotrafic.
Le programme de rénovation urbaine de 472 millions d’euros cible spécifiquement Pissevin-Valdegour, Mas de Mingue et Chemin Bas d’Avignon. Les démolitions massives, réhabilitations de logements, créations d’équipements publics et reconquête d’espaces verts constituent un effort sans précédent.
La présence renforcée des CRS, les caméras de surveillance et les initiatives locales montrent une volonté politique réelle. Pourtant, la mort d’un enfant de 10 ans en 2023 et les fusillades de l’été 2025 rappellent que la violence reste présente. Le chemin vers l’apaisement sera long, et les habitants engagés, comme Kheira Ghezali, méritent d’être soutenus dans leur combat pour la dignité et la sécurité.







