Vous voulez ouvrir un mur porteur ou renforcer un plancher ? Le choix d’un IPN dépend surtout de ses dimensions et de sa capacité à supporter les charges. Un profil mal dimensionné ou un appui insuffisant peut rapidement bloquer un chantier.
Dans ce guide, je vous montre comment lire les dimensions d’un IPN, estimer le bon profil selon la portée et connaître les règles de pose à respecter. Vous apprendrez aussi à distinguer clairement un IPN d’un IPE, souvent confondus.
Quelles sont les dimensions standard des IPN selon les normes ?
Les normes de référence en vigueur (EN 10365)
Les poutrelles IPN (profils en I à ailes inclinées) obéissent à des normes européennes précises. Leur géométrie est définie par la norme EN 10365, qui a remplacé l’ancienne NF EN 10024 de 1995. Chaque IPN est identifié par sa hauteur en millimètres : un IPN 120 fait 120 mm de haut, un IPN 160 fait 160 mm, etc.
La particularité de l’IPN réside dans ses ailes inclinées. Elles ne sont pas parallèles et présentent une pente d’environ 14 % vers l’âme. Cette forme renforce la poutrelle, notamment face à la flexion et aux efforts tranchants, ce qui explique son usage fréquent en rénovation et en structure porteuse.
Tableau récapitulatif des dimensions courantes (IPN 80 à 200)
Voici les dimensions typiques des IPN les plus utilisés en rénovation résidentielle :
| Profil | Hauteur h (mm) | Largeur b (mm) | Épaisseur aile tf (mm) | Épaisseur âme tw (mm) | Poids (kg/m) |
|---|---|---|---|---|---|
| IPN 80 | 80 | 42 | 5,9 | 3,9 | 6,0 |
| IPN 100 | 100 | 50 | 6,8 | 4,5 | 8,3 |
| IPN 120 | 120 | 58 | 7,7 | 5,1 | 11,1 |
| IPN 140 | 140 | 66 | 8,6 | 5,7 | 14,3 |
| IPN 160 | 160 | 74 | 9,5 | 6,3 | 17,9 |
| IPN 180 | 180 | 82 | 10,4 | 6,9 | 21,9 |
| IPN 200 | 200 | 90 | 11,3 | 7,5 | 26,2 |
La gamme des IPN va de 80 à 600 mm de hauteur, les plus grands étant réservés aux usages industriels. En rénovation de maison, les IPN de 120 à 200 mm suffisent dans la grande majorité des cas.
Les poutrelles sont livrées en barres standard de 12,1 m, puis découpées sur mesure. Pour les petits chantiers, les longueurs commandées se situent le plus souvent entre 0,5 et 3 m.
Comment choisir la bonne dimension d’IPN selon votre portée ?

Les paramètres essentiels à prendre en compte
Le choix d’un IPN dépend de trois critères :
- la portée entre les appuis (2, 3, 4, 5 m, etc.) ;
- la charge à reprendre, qui combine charges permanentes (mur, plancher, cloisons) et charges d’usage (personnes, mobilier) ;
- le type de charge : répartie (plancher) ou ponctuelle (autre poutre).
Oubliez les formules toutes faites du type « IPN 140 pour 4 m ». Chaque situation exige un calcul précis, réalisé ou validé par un bureau d’études structure. C’est indispensable pour la sécurité du chantier et pour être couvert par l’assurance.
Exemples de charges admissibles par profil et portée
Pour vous donner un ordre d’idée, voici les charges réparties admissibles pour quelques profils courants :
- IPN 120 : portée de 2,5 m → 1 665 kg ; portée de 4 m → 617 kg.
- IPN 160 : portée de 2,5 m → environ 4 000 kg ; portée de 4 m → environ 1 500 kg.
- IPN 180 : portée de 2,5 m → 7 429 kg ; portée de 4 m → 2 836 kg.
- IPN 200 : portée de 3 m → 7 593 kg environ.
Ces valeurs illustrent la règle suivante : à profil égal, plus la portée est grande, plus la charge admissible baisse. À l’inverse, augmenter la hauteur de l’IPN améliore nettement sa rigidité et sa résistance.
Concrètement, pour une ouverture de 4 m dans un mur porteur supportant un étage, on s’oriente le plus souvent vers un IPN 180 ou 200. Le choix exact dépend toutefois des charges réelles, calculées par un ingénieur structure.
Quelle différence entre les dimensions d’un IPN et d’un IPE ?
IPN et IPE sont tous deux des profils en I, mais ils ne se ressemblent pas. La différence principale porte sur la forme des ailes. Les IPN ont des ailes inclinées, dont l’épaisseur augmente d’environ 14 % vers l’âme. Les IPE, eux, présentent des ailes parallèles, d’épaisseur constante sur toute leur largeur.
Cette géométrie change leur usage. À hauteur égale, l’IPE a des ailes plus larges mais plus fines, offrant un meilleur rapport poids/rigidité. Il est donc très utilisé en charpente métallique et en construction neuve.
L’IPN, plus massif au centre, est bien adapté aux ouvertures de murs porteurs et aux charges concentrées sur des portées courtes à moyennes.
En pratique, la rénovation domestique privilégie souvent l’IPN, plus courant et mieux documenté en tableaux de charges. Les IPE dominent en revanche les structures métalliques complètes, où leurs ailes parallèles facilitent les assemblages.
Combien de centimètres d’appui prévoir dans un mur porteur ?

L’appui de la poutrelle est un point clé pour la sécurité. En rénovation, on retient en général 20 cm minimum de chaque côté dans un mur porteur. Pour des charges importantes ou de grandes ouvertures, les bureaux d’études recommandent plutôt 25 à 30 cm.
Concrètement, pour une ouverture de 3,5 m, l’IPN doit mesurer au moins 3,9 m au total (3,5 + 0,2 + 0,2). Cet appui suffisant permet de bien répartir les charges dans la maçonnerie et d’éviter fissures ou écrasements du mur.
Trois conditions de pose sont essentielles :
- Appuyer la poutrelle sur une maçonnerie saine, capable de résister à la pression transmise (pas de pierre friable, pas de joint dégradé).
- Caler et niveler l’IPN avec précision, souvent en intercalant une plaque de répartition ou un lit de mortier sous l’aile inférieure.
- Protéger l’acier contre la corrosion, notamment dans les zones encastrées exposées à l’humidité (traitement antirouille ou peinture adaptée).
L’étaiement provisoire est un dernier point essentiel. Avant toute ouverture, le plancher ou le mur doit être correctement étayé. Cette précaution évite tout affaissement pendant les travaux et garantit une pose de l’IPN en toute sécurité. Ne jamais la négliger.







