Vous envisagez de vous installer à Arles, cette ville historique des Bouches-du-Rhône ? Avant de faire votre choix parmi les 51 000 habitants de la cité camarguaise, il est important de connaître les réalités de certains quartiers qui concentrent des difficultés.
À Arles, trois quartiers sont prioritaires dans la politique de la ville : Barriol, Trébon et Griffeuille. Ces zones cumulent trafic de drogue, violences, chômage élevé et pauvreté. Barriol et Trébon restent les plus touchés, avec des points de deal actifs et des incidents fréquents. Un habitant de Trébon raconte que l’insécurité y est forte, avec des coups de feu réguliers et des rues parfois bloquées par les dealers.
Point positif, la délinquance a baissé de 7,8 % entre 2024 et 2025, avec une chute de 29 % des vols avec violence et de 20 % des cambriolages. D’importants projets de rénovation urbaine sont en cours, avec un budget de 45 millions d’euros. Dans cet article, je vous présente les quartiers sensibles d’Arles avec des données concrètes.
| Quartier | Niveau de vigilance |
|---|---|
| Barriol | ⚠️⚠️⚠️ |
| Trébon | ⚠️⚠️⚠️ |
| Griffeuille | ⚠️⚠️ |
Barriol
Barriol, situé au sud-est d’Arles, est le quartier chaud de la ville. Le trafic de drogue y est omniprésent, notamment au centre commercial où les commerces se sont raréfiés, transformé en point névralgique des trafics. Les agressions, violences, actes de vandalisme et incivilités sont régulièrement signalés. Des témoignages relatent la présence de « choufs cagoulés » en bas des immeubles.
Le quartier cumule chômage élevé, pauvreté et difficultés économiques. Dans le passé, un pacte implicite laissait les jeunes tranquilles en échange de la paix au centre-ville. Cette approche a créé un vide sécuritaire qui a favorisé les trafics.
En juillet 2025, le centre social Christian Chèze a été ciblé :
Deux hommes cagoulés sont entrés armés face à quatre agents.
Entre 2015 et 2021, le quartier a connu plusieurs incidents graves, comme des agressions à la batte de baseball, l’assassinat d’un adolescent de 16 ans et un chauffeur de bus frappé pour un ticket non payé.
Le centre commercial de Barriol et la place du Forum sont les secteurs les plus problématiques. Le sentiment d’insécurité est fort la nuit, mais les points de trafic sont actifs en journée également. La place Thorez nécessite également une vigilance particulière.
Barriol profite d’un grand programme de rénovation urbaine. Entre 2025 et 2030, 218 logements vont être démolis, 509 réhabilités et 225 construits. Les espaces publics seront repensés avec un mail piéton et une place rénovée, et 1 600 m² de commerces vont voir le jour. Le projet, mené par la SPL AGATE, vise à transformer complètement le quartier et à favoriser la mixité sociale, avec au moins 25 % des logements attribués hors QPV.
Trébon
Trébon, à l’ouest d’Arles, rivalise avec Barriol en matière de sécurité. Le trafic de drogue y est bien identifié, avec des saisies de plusieurs kilos au printemps 2021. Le quartier connaît incivilités, petite délinquance et tensions sociales liées aux difficultés économiques.
Un résident témoigne avec résignation :
« Beaucoup d’insécurité notamment au Trébon où les dealers font la loi. Coups de feu récurrents, blocage de la rue Vincent d’Indy par les dealers. »
Témoignant de l’activité de trafic visible et assumée dans le quartier, un autre habitant déclare à CNEWS en septembre 2025 :
« On les voit échanger les billets et les doses. »
La rue Vincent d’Indy est régulièrement bloquée par les dealers qui imposent leur loi. Les coups de feu, bien que ne faisant pas systématiquement de victimes, créent un climat d’insécurité permanent qui pèse sur le quotidien des habitants.
Un plan de rénovation de 25 millions d’euros a été lancé pour Trébon, en complément des 20 millions prévus pour Barriol via l’ANRU. Ces investissements devraient transformer progressivement le quartier.
Griffeuille
Griffeuille, également à l’ouest d’Arles, présente des problématiques de délinquance répétée : cambriolages, dégradations de voitures et altercations. Le sentiment d’insécurité est particulièrement croissant la nuit, avec une concentration des problèmes près des parkings et halls d’immeubles.
Trafics et tensions liées au chômage et aux difficultés économiques pèsent sur le quartier. En avril 2021, un incident a fait un blessé par balle, montrant que la violence armée peut toucher le secteur, même si elle reste moins fréquente qu’à Barriol ou Trébon.
Les regroupements nocturnes près des parkings et halls d’immeubles créent une atmosphère pesante. La vigilance est particulièrement nécessaire après la tombée de la nuit, quand le sentiment d’insécurité est le plus fort.
Arles : des efforts conséquents
À l’échelle de la commune, Arles a enregistré 3 832 crimes et délits en 2024, soit un taux de 74,9 pour 1000 habitants. La ville se classe au rang 2 130 des villes les plus dangereuses de France. Les vols et cambriolages représentent 30,34‰, le trafic de stupéfiants 13,98‰, et les violences contre les personnes 14,21‰.
Les évolutions restent contrastées. Après plusieurs années d’augmentation des violences, la tendance récente est encourageante, puisque la délinquance a commencé à baisser, notamment pour les vols et cambriolages.
La ville a renforcé la sécurité avec de nombreuses caméras et plus d’agents de police municipale et nationale, dont une brigade spécialisée dans la lutte contre la drogue. Des équipes de médiation interviennent également près des écoles et des transports.
En février 2025, la Ville et l’État ont signé un contrat de sécurité intégrée combinant répression, prévention et renouvellement urbain. Les 45 millions d’euros investis dans la rénovation des quartiers prioritaires (20M€ Barriol + 25M€ Trébon) témoignent d’une volonté politique forte de transformer durablement ces secteurs en difficulté.







